Les Mississaugas et Peter Jones

Audio: écoutez ici
Emplacement : le parc Macdonald

Les Mississaugas, premiers habitants de la région Cataraqui, sont installés le long des côtes du Lac Ontario, l’intérieur des terres servant de terrain de chasse. Initialement, durant l’été 1783, Joseph Brant suggère de ne pas négocier avec les Mississaugas pour récupérer la terre autour du Fort Frontenac, redoutant qu’ils ne donnent leur consentement seulement en échange d’une promesse de cadeaux (ou paiements). Cependant, c’est exactement ce qui se produisit, en octobre 1783, lors du marché Crawford : Le chef Mynass, le plus ancien des Mississaugas accepta de céder une partie de sa terre contre un paiement annuel de vêtements, de tissus rouges, d’argent (métal), des ustensiles de cuisine, de l’alcool, entre autres choses. Chaque été, les Mississauga se rejoignent en canoë au Parc Macdonald, situé en face de l’hôpital général de Kingston, afin de recevoir leurs cadeaux. «Mississauga», nom donné par les français et d’autres colons, fait sûrement référence au mot indien «Missisakis», signifiant «Plusieurs embouchures de rivière». Les Mississaugas avaient été baptisés ainsi en raison des nombreuses rivières coulant à proximité et tout autour de leurs terres (Les rivières Trent, Moira, Shannon, Napanee, Kingston et Gananoque). Le général Haldimand avait l’impression que «les indiens Mississauga semblaient satisfaits de l’arrivée des hommes blancs parmi eux». Néanmoins, la crainte évidente face à la diminution de l’étendue de leur terre (avant le marché Crawford), ainsi que le mécontentement devant le mépris général de leurs nouveaux voisins, sembleraient plus vraisemblables.

Les seules rares rencontres documentées impliquant les Mississaugas proviennent des journaux intimes de Mme Simcoe, qui n’était pas très complaisante à leur égard. Mme Simcoe était l’épouse du lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe, le premier lieutenant-gouverneur de la province du Haut-Canada (1792-1796). Le récit de ses interactions avec les membres de la tribu revient fréquemment dans son journal, durant son séjour dans la région Cataraqui (entre autre). En 1792, elle mentionne d’abord son mépris pour les Mississaugas:
« Il y a des indiens Mississaga* ici. C’est une tribu pacifique, oisive, ivre et sale. Je constate à quel point les extrêmes se rencontrent. Ces gens non civilisés déambulant, toute la journée, dans la ville avec une nonchalance apparente, démontrent une volonté d’occupation et de l’indifférence que seuls les « Beaux » (en français dans le texte) de la rue Bond à Londres semblaient posséder. »
L’opinion tranchée dépeinte dans le journal de Mme Simcoe est probablement partagé par bon nombre des colons. Elle illustre l’immense clivage existant entre les cultures européennes et autochtones; cultures qui devaient néanmoins coexister à proximité les unes des autres, dans la région Cataraqui.

Malgré tout, il était clair que Mme Simcoe voyait un faible potentiel chez les Mississaugas, ils étaient parfaitement capables de réformer leur religion et ainsi d’améliorer leur tribu. Le chef Mississauga Ojibwa et le pasteur méthodiste, Peter Jones, rencontrèrent plusieurs communautés du Haut-Canada, attirant autant les blancs que les autochtones. Parmi ses divers noms indiens, Desagondensta (signifiant «Faire tenir les gens debout») était le nom connu des Mohawks. Ses sermons, source d’enseignement et d’inspiration étaient, dit-on, une des raisons de la survie des Mississaugas. À l’époque où les Mississaugas (dont plusieurs groupes d’Ojibwa) étaient sur le point de s’effondrer, Peter Jones rappela les fondements spirituels, s’avérant efficaces à l’unité de la tribu. Son frère et lui sont mandatés de compléter l’une des premières traductions de la Bible en Ojibwa, permettant ainsi son accessibilité et sa compréhension auprès des Mississaugas.

*Les indiens «Mississaga» dont fait référence Mme Simcoe est bien le même peuple que les Mississaugas, malgré la mauvaise orthographe.

Le parc Macdonald

Le parc Macdonald, situé le long de la rive du lac Ontario et en face de l’hôpital général de Kingston, fut désigné comme lieu de rassemblement des Mississaugas pour recevoir le paiement annuel de leur terre vendue lors du marché de Crawford. Chaque été, ils se rejoignent en canoë afin de réunir ustensiles de cuisine, vêtements et alcool.

Tour : autochtone
Titre : Les Mississaugas et Peter Jones
Ville : Kingston
Époque : 1750-1800
Images:


Retour à la carte de l’histoire autochtone